30 octobre 2020 à 10:27

Une commerçante de Blotzheim a entamé ce jeudi soir une grève de la faim pour protester contre le reconfinement, qui risque de mettre en péril le commerce familial dans lequel elle travaille avec sa mère et sa soeur. Elle espère être entendue dans les plus hautes sphères de l’État.

Reconfinement : Une commerçante de Blotzheim entame une grève de la faim

Sa voix est ferme, tressaille par moments, mais Véronique est déterminée. Cette commerçante de Blotzheim, qui travaille avec sa mère Liliane et sa sœur Tatiana dans l’enseigne de prêt-à-porter féminin La Croisée de styles, a entamé, ce jeudi soir, une grève de la faim et espère se faire entendre. Devant le reconfinement et la fermeture des magasins dits «non essentiels», elle ne voulait pas rester les bras croisés et « obéir comme un mouton, sans rien dire ». Elle a voulu lancer un appel au secours.

« Le premier confinement nous a fait perdre 120 000 €»

Pour ce commerce blotzheimois, le premier confinement s’est révélé très difficile. « Il nous a fait perdre environ 120 000 € de chiffre d’affaires, sur deux mois, confie en pleurs Liliane, qui gère le magasin depuis dix ans. Nous avons fait un prêt bancaire de 100 000 € pour survivre. Et comment allons-nous le rembourser si nous sommes à nouveau confinés et que nous ne pouvons pas travailler ? » Sans oublier que le premier confinement ne lui a pas permis d’écouler la collection de printemps. « Et là, je vais me retrouver avec celle d’automne sur le dos ! »

Faire comme en Suisse

« Ce qui me révolte le plus dans tout ça, c’est qu’on est en train de tuer les petits commerces. Les grandes surfaces restent ouvertes et ont, elles, le droit de vendre des habits, se désole Véronique. Pourquoi ne pas faire comme en Suisse et mettre un scotch sur les rayons qui ne devraient pas être accessibles parce que ne proposant pas des produits de première nécessité ? » Elle se dit également révoltée par les mots du président de la République qui annonçait « vouloir protéger les petits commerces lors de son allocution ! Mais il protège quoi comme ça ? »

Décidée, Véronique a installé en début de soirée sa tente, sur le trottoir devant le magasin. Elle y mettra un petit chauffage d’appoint, les nuits étant de plus en plus froides. Des pancartes financées par la fédération RegYo, qui regroupe sept associations de commerçants et artisans des Trois Frontières, viendront exprimer sa colère. Et son médecin traitant viendra s’assurer chaque jour de son état de santé. « Je ne veux pas mettre ma vie en péril, j’ai un enfant. Je ne sais pas ce que je peux attendre de mon action, mais j’aimerais qu’un membre du gouvernement vienne jusqu’ici, pour qu’on puisse discuter. Nous avons un aéroport à côté. Il peut même me contacter par téléphone. » Elle veut juste trouver une solution pour sauver le commerce familial et tous les petits commerces.

Source : Nadine Muller - l'Alsace du 29/10/2020

Photo : Nadine Muller

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