On commence tout de suite par une précision importante : la dermatophilose humaine n’est pas aujourd’hui reconnue officiellement comme une nouvelle IST (Infection Sexuellement Transmissible) établie au même niveau que la chlamydia, la gonorrhée, la syphilis ou le VIH. Ce qui a été publié récemment, ce sont des cas suggérant une transmission lors de contacts sexuels, ce qui est différent d’une reconnaissance officielle comme « nouvelle IST ».
Dermatophilose humaine : une infection cutanée rare qui intrigue les médecins
Depuis quelques semaines, plusieurs équipes médicales en Espagne et en France ont signalé des cas inhabituels de dermatophilose chez l’être humain, avec une hypothèse nouvelle : une transmission possible entre personnes lors de rapports sexuels ou de contacts cutanés intimes.
La dermatophilose est une infection bactérienne de la peau provoquée par une bactérie appelée Dermatophilus congolensis. Jusqu’à présent, cette maladie était surtout connue chez les animaux d’élevage (bovins, chevaux, chèvres, moutons) et les rares cas humains concernaient surtout des personnes exposées aux animaux.
Mais des chercheurs ont récemment décrit plusieurs groupes de patients n’ayant aucun contact avec des animaux, ce qui a conduit à explorer la piste d’une transmission interhumaine.
Quels sont les symptômes ?
Les symptômes observés jusqu’à présent sont surtout cutanés.
Les lésions décrites comprennent :
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petits boutons rouges (papules) ;
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pustules (petites lésions contenant du pus) ;
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éruption ressemblant parfois à une folliculite ;
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croûtes ;
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plaques rouges ou zones inflammatoires ;
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parfois nodules ou lésions squameuses ;
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démangeaisons possibles.
Les localisations rapportées dans les cas récents étaient principalement :
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région génitale ;
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aine ;
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cuisses ;
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région périanale ;
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parfois barbe ou visage.
Un point important : ces symptômes peuvent ressembler à d’autres maladies beaucoup plus fréquentes (folliculite, mycose, herpès, syphilis, irritation, infection bactérienne classique), ce qui peut retarder le diagnostic.
Comment se diagnostique-t-elle ?
Le diagnostic ne se fait pas sur photo uniquement.
Les médecins utilisent généralement :
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un examen clinique ;
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un prélèvement de la lésion ;
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une analyse microbiologique ;
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parfois des techniques génétiques pour identifier précisément la bactérie.
Quels sont les traitements ?
La bonne nouvelle est que, dans les cas publiés récemment, l’évolution a été favorable et les patients ont répondu au traitement.
Le traitement repose surtout sur :
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des antibiotiques prescrits par un médecin (le choix dépend du prélèvement et du contexte clinique) ;
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soins locaux si besoin ;
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surveillance jusqu’à disparition des lésions.
Il n’existe pas aujourd’hui de traitement « standard universel » publié pour une forme sexuellement transmissible, car les cas restent encore rares et en cours d’étude.
Peut-on prévenir cette infection ?
Comme pour d’autres infections transmises par contact intime :
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éviter les rapports en présence de lésions cutanées inhabituelles ;
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utiliser le préservatif (même s’il ne protège pas totalement contre les infections transmises par contact peau à peau) ;
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consulter si apparition de boutons, croûtes ou plaques après un contact intime ;
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informer les partenaires si un diagnostic est confirmé.
En résumé : il ne s’agit pas d’une « nouvelle IST confirmée » au sens classique, mais d’une infection cutanée rare dont certains cas récents suggèrent une transmission sexuelle ou par contact intime étroit, ce qui fait actuellement l’objet de recherches.